Caleta Tortel est une petite ville incroyable de 500 habitants : elle est construite au fond d'un fiord et un réseau de passerelles et d'escaliers en bois relie entre elles les maisons de bois lui donnant un charme fou! Ici tout est fait en bois, ou presque, à faire palir le meilleur ébenniste européen!
Avant 1955, le village n'a pas vu pas de colons et ce n'est que depuis 2003 qu'une route permet d'y accéder relativement facilement, développant par la même occasion le tourisme bien qu'il n'y ait quand même pas foule... Et oui, peu de personnes s'aventurent sur la route australe, les bus n'étant pas très fréquents et le stop très aléatoire vu le peu de voiture qui passent!
La ville se trouve entre les deux "Campo de Hielo" (immenses champs de glace descendants jusqu'à l'océan). Il est donc facile d'aller admirer, en bateau, le "Ventisquero" (front des glaciers). Nous avons eu beaucoup de chance pour le temps ce jour-là, mais nous n'avons pas pu l'approcher car une grande quantité d'icebergs menaçait de refermer le passage derrière le bateau. Mais quel plaisir d'admirer ces blocs de glace et de rencontrer un couple de "viejitos" (petits vieux), vivant à 5 heures de bateau de Tortel, dans un cadre idyllique où ils peuvent assiter au défilé d'icebergs, à 3 minutes d'un lac portant leur nom, où viennent se reproduire les saumons agrémentant ainsi leur repas!
Nous avons pu partager un bout de vie d'une famille locale chez qui on logeait et prenait les repas. Seul bémol: la mère de famille qui vit ici depuis 35 ans a un accent à couper au couteau, impossible ou presque de la comprendre!
Après avoir attendu 7 heures au milieu de nulle part le bus pour Villa O'Higgins, nous sommes arrivés au village au bout de la route australe. La fondation officielle du village remonte à 1966: c'est le bout du monde à 220km du premier petit patelin et 500km de LA ville de la région! Pratique pour s'approvisionner!
Nous devons attendre 2 jours le bateau pour traverser le lac. Malheureusement le bateau est reporté au lendemain pour des raisons obscures (il y aurait trop de vent, mais le lendemain quand nous partons, le vent souffle bien plus fort, étrange...) ce qui permet à Pierre de s'exercer à ses talents de "pêche à la péruvienne" et de nous ramener une belle truite saumonée pour agrémenter notre repas de bivouac... L'ambiance est bonne: nous campons deux nuits au bord du lac, qui est à 8km du village, avec un couple d'allemands et un couple de cyclistes français.
Le temps est magnifique pour la traversée du lac et la randonnée de 5 heures pour traverser la frontière: nous avons la chance de voir le Fitz Roy, imposant le respect.
Nous sommes maintenant à El Chalten, la plus jeune ville d'Argentine, crée en 1985 pour s'approprier le territoire avant que le Chili ne s'y installe. Les prix ici sont incensés: nous avons préféré le camping malgré ce vent de fou, soufflant à plus de 100 km/h, ce qui nous permet de tester la resistance de la tente (mais on a trouvé un coin un peu à l'abri du vent, alors le test est faussé...). Demain nous partons en trek pour 4 jours, si le temps le permet, certainement avec le couple de cyclistes français (Karel et Emilie) avec qui nous allons probablement partager un bout de route par la suite, ayant le même itinéraire.
Noël approche, nous ne savons toujours pas ce que nous ferons. Nous serons probablement à El Calafate. Il nous reste un mois et demi de voyage, nous laissant le temps encore de profiter de cette région magnifique!
Hasta luegito, après le trek!































































